Le sous-titrage de documentaires
de vulgarisation scientifique

Claudia PINTO-FERREIRA

Dans le cadre des Rencontres de Rennes sur les "spécialités et spécialisations dans la formation et les pratiques professionnelles des traducteurs", il nous a semblé pertinent de proposer une analyse de la traduction en portugais du scénario de "Termites Attack", documentaire de Thierry Berrod.
Pourquoi ce choix ?
Il s'agit en fait de l'un des nombreux textes de traduction par sous-titrage, produits au Portugal, pays où l'existence de 4 chaînes de télévision, auxquelles se sont ajoutées plus récemment des chaînes par câble, augmente de plus en plus la demande de ce type de traduction.
D'un autre côté, le marché de projections cinématographiques, la distribution vidéographique et les nouveaux supports multimédias (jeux, DVDs, CD-ROMs) élargissent encore le champ de ce service de traduction.
Parallèlement à cet énorme marché, surgissent les festivals de l'audiovisuel, qui constituent un espace de plus pour le développement de cette demande spécifique de sous-titrage.
Néanmoins, cette pratique de traduction est encore peu normalisée et, dans la majorité des cas, elle est exercée sans préparation préalable. En effet, alors que dans le reste de l'Europe il existe des cours de traduction audiovisuelle dans diverses universités, au Portugal, peu est fait dans ce domaine.
Il existe néanmoins une certaine normalisation au sein de certaines chaînes de TV, mais certaines questions sont encore à poser et/ou à revoir, tant au niveau linguistique qu'au niveau culturel. Nous essaierons d'en cerner quelques-unes.
Organisation de cet exposé :
  • Contextualisation
    • Production
    • Projection
    • Service de traduction
  • Objectifs
  • Critique de la traduction
    • Différences entre sous-titrage pour TV et cinéma
    • Caractéristiques techniques du sous-titrage et traduction
    • Restrictions sur le langage
  • La vulgarisation scientifique
    • Discours de V.S.
    • Incidence sur la traduction par sous-titrage
  • Conclusions
  • Bibliographie
  • Annexes : extraits du scénario original et de la traduction

 

I.   Contextualisation

a)  Production du film
Les institutions :
Il s'agit d'un film de vulgarisation scientifique réalisé en 2001, dans le cadre de projets de recherche appuyés par le CNRS et l'IRD.
Rappelons brièvement les objectifs de ces deux institutions.
Objectifs du Centre National de Recherches Scientifiques (www.cnrs.fr) :
  • promouvoir la recherche et son évaluation ;
  • contribuer à l'application des résultats obtenus par ces recherches ;
  • développer et diffuser l'information scientifique, favorisant encore l'usage du français ;
  • contribuer à la formation et à la recherche.
Objectifs de l'Institut de Recherche pour le Développement (www.bondy.ird.fr) :
  • "Etablissement public à caractère scientifique et technologique, placé sous la tutelle des ministres chargés de la Recherche et de la Coopération."
  • 3 missions : la recherche, l'expertise et la formation.
    "Il propose à ses partenaires du Sud et aux acteurs du développement des recherches dans les grands domaines allant de la géosphère et la biosphère à l'anthroposphère."
L'IRD Audiovisuel est par ailleurs "issu d'un laboratoire d'anthropologie sociale et culturelle, le centre d'études des traditions orales (CETO). Cette structure est conçue, depuis son origine, pour développer, préserver, rendre accessible et valoriser, au Sud comme au Nord, le patrimoine scientifique, audiophonique et audiovisuel. Ce dernier a été recueilli, sauvegardé et constamment enrichi par les équipes de l'Institut et de ses partenaires, depuis plus d'un demi-siècle."
Il est intéressant de remarquer que sur le site de l'IRD, l'on trouve une réflexion sur les avantages de l'audiovisuel, qui n'est pas sans rappeler tout le problème du sous-titrage lui-même :
"L'image associée au son permet de rassembler une masse importante d'informations dans un laps de temps très court, que l'écrit seul ne peut pas toujours rendre avec la même efficacité. C'est ce qui fonde la " culture de l'image ", qui devient un phénomène social majeur au Nord comme au Sud, et singulièrement l'information scientifique et technique (IST) ainsi véhiculée."
L'écrit (les sous-titres) est-il capable de rendre réellement tout son sens à l'image qu'il accompagne ou l'alliance "image-écrit" restera-t-elle toujours déficitaire par rapport à l'alliance "image-son" ?

Le film
: Termites Attack (O ataque das térmitas)
PAYS : France
LANGUE : français et anglais
DURÉE : 52'
ANNÉE : 2001
Coproduction : Mona Lisa Production, France 2, La Cinquième, CNRS Image/média, IRD.
Résumé : "Les termites européens et nord-américains sont de véritables ennemis de l'homme. En Afrique et en Australie, malgré les dégâts qu'infligent les termites aux cultures, la situation de ces insectes est différente. Là-bas, les termites sont médecins, voyants, musiciens, architectes, prospecteurs d'or et même sandwiches. Les termitières font également partie de la vie de tous les jours, elles se transforment alors au fil des besoins en réfrigérateurs, fours à pain, machines à décortiquer les noix de colas, maisons et même cimetières… Avec sa biologie performante, le termite fascine les scientifiques. Ils étudient son estomac pour trouver la bactérie idéale pour lutter contre la pollution. D'autres considèrent déjà le termite comme un véritable ingénieur de l'écosystème des sols."

Les langues
:
Les dialogues étant essentiellement en anglais (le film est tourné aux États-Unis), la version originale du documentaire est donc commentée (voix off) et doublée par voice-over en français. Ce sont donc ces deux types de discours qui seront traduits et sous-titrés en portugais (en l'occurence, le doubleur et le narrateur sont la même personne :
  • voice-over en FR > sous-titrage en PT
  • voix off (commentaire) > sous-titrage en PT

b)  projection

La première projection du film au Portugal, à l'origine du sous-titrage en portugais, a eu lieu en novembre 2001, dans le cadre du "Festival du Film Scientifique - TELEciência", organisé par le " Departamento de Artes " de l'Université de Trás-os-Montes e Alto Douro et inséré dans la "Quinzaine de la Science et de la Technologie".
Comme déjà souligné dans l'introduction, le travail de traduction s'inscrit ici dans un travail plus large de service de traduction par sous-titrage, pour divers festivals du pays.

c)  Service de traduction - sous-titrage
Les traductions audiovisuelles, pour sous-titrage ou doublage, sont assurées par des traducteurs extérieurs ou par des personnes "de la maison" (en l'occurrence, un ciné-club), ayant des connaissances en langues (français et anglais principalement).
Dans ce cas précis, la traduction a été à charge d'un professeur de FLE dont la langue maternelle est le portugais. Dans ce processus, en plus du " traducteur ", nous devons également tenir compte de la personne responsable du procédé de sous-titrage. Il faut savoir que celui-ci non seulement a en mains la partie technique du sous-titrage mais intervient aussi dans la traduction elle-même, si besoin en est.

 


II.   Objectifs
L'objectif principal de cette analyse est une critique de la traduction en portugais du scénario du film " Termites Attack ", critique qui sera faite en fonction des particularités de cette traduction :
  • sous-titrage ;
  • document audiovisuel (passage de l'oral à écrit) ;
  • documentaire (à l'opposé de la fiction) ;
  • vulgarisation scientifique (V.S.).
En fonction de ces particularités, nous suivrons la méthodologie suivante :
  • analyse de l'incidence des caractéristiques (techniques, d'usage de la langue, ...)
    du sous-titrage sur la traduction ;
  • analyse des caractéristiques du discours et de la terminologie de V.S. et incidence sur la traduction.

De façon plus indirecte, on essaiera également de penser aux répercussions socio-culturelles de la production de documentaires de V.S. et de leurs traductions.

 


III.   Critique de la traduction

a)  De quelques différences entre sous-titrage pour télévision et pour cinéma
Il est important de référer ici quelques différences existant dans les pratiques de sous-titrage par les stations télévisées et par les maisons de production ou de distribution de cinématographique au Portugal.
En effet, les normes qui régissent la pratique de sous-titrage dans l'une ou dans l'autre de ces entités restent assez pauvres, ce qui entraîne un manque d'uniformité dans ce domaine.
Ce fait se reflète d'ailleurs dans la quantité de publications sur la traduction audiovisuelle, très rares en portugais, raison pour laquelle il importe de recueillir des témoignages de professionnels de cette pratique au Portugal. Ces derniers affirment par ailleurs qu'il est grandement nécessaire que l'on publie plus sur ce thème en portugais, ajoutant encore que, depuis l'apparition du DVD sur le marché, on assiste à une prise de conscience croissante de la nécessité d'uniformisation dans ce secteur.
Bien sûr, le choix de langues que propose le DVD a suscité cette prise de conscience d'une uniformisation nécessaire dans le traitement de la traduction par sous-titrage en portugais et dans d'autres langues.
Cependant, cette préoccupation d'établir des normes et de discuter des modèles esthétiques pour la traduction audiovisuelle ne s'est pas encore suffisamment répandue. Les stations de télévision continuent à travailler avec des agences de traduction, qui elles-mêmes recourent au service de traducteurs indépendants, ce qui disperse la méthodologie adoptée ainsi que l'homogénéisation du travail final présenté. Par ailleurs, les producteurs et distributeurs cinématographiques, qui effectuent la majorité des traductions par sous-titrage, ont également recours à des agences de traduction, sans exigence normative préalable.
Tout ceci montre à quel point nous nous trouvons en territoire inconnu -ou du moins méconnu- au Portugal, ce qui en fait un territoire encore très expérimental.
Il est cependant vrai que, dans ce vaste champ, quelques personnes commencent peu à peu à développer un travail important, que ce soit par la recherche de solutions ponctuelles à des difficultés de traduction audiovisuelle dans le cadre de leur travail (de façon prépondérante à la télévision) ou par l'organisation et l'orientation de séminaires afin de sensibiliser les traducteurs à ces questions et aux exigences de ce domaine de la traduction. La lecture d'ouvrages étrangers dans ce domaine, ainsi que la recherche de techniques et normes en vigueur dans d'autres pays constituent également une préoccupation croissante.

Ceci étant posé, nous pouvons à présent justifier, non pas tant le choix bibliographique qui sous-tend cette intervention que le fait de nous être basés sur les "us et coutumes" de la télévision, en particulier d'une station où nous avons pu recueillir un plus grand nombre d'informations auprès de la personne responsable de la section de traduction par sous-titrage.

 

b)  Caractéristiques techniques du sous-titrage et incidence sur la traduction
Matériel à partir duquel la traduction est faite : en général, il s'agit d'une cassette VHS (où a été enregistré le programme -film, documentaire, émission, ... à sous-titrer) qui est le plus souvent accompagnée d'un scénario contenant le texte dudit programme.
Ce scénario se présente fréquemment sous forme d'une succession de répliques, en respectant les pauses des dialogues. Cette configuration aide le sous-titrage dans le sens où nous avons à l'écrit une division cohérente du texte, tant du point de vue sémantique que du point de vue syntaxique.
À noter que dans le cas qui nous occupe, le scénario contient des divisions inexistantes à l'écran, dont la visée est donc probablement d'aider à la compréhension du scénario par le lecteur (que ce soit à des fins de traduction ou non).
                > voir exemples en annexe 1 (séquences 1 et 2).
Passons dès lors à la question de la restriction de l'espace et du temps, essentielle en traduction par sous-titrage. Le passage du langage oral au langage écrit a en effet de fortes implications sur le temps que l'un et l'autre requièrent pour pouvoir être perçus. Le texte, initialement oral (mais dont nous avons une transcription sous forme de scénario) devient écrit sous la forme de sous-titres. Ceux-ci seront à leur tour lus, ce qui suppose un processus de compréhension plus lent (nous lisons plus lentement que nous entendons).
Des restrictions auront donc lieu, qui auront souvent pour effet d'éviter la traduction totale des dialogues des programmes.
Voyons dès à présent à quel point les caractéristiques de la langue orale (par exemple les répétitions ou la présence de nombreux marqueurs du discours tels que "euh", "hein", ...) vont souvent disparaître lors du passage à l'écrit.
Dans les exemples suivants, nous constatons ainsi ces différences, entre le texte original en français (transcrit en scénario) et sa traduction en portugais :

Synthèse
(nous avons ici affaire à un procédé de synthèse, d'économie de langage qui a également
                pour conséquence la suppression de l'image) :
  • Papa Thomas doit sa vie aux termites et c'est convaincant! Bernard compte bien utiliser ce succès
    pour commercialiser à grande échelle le pâté de termite et autres (bidules) mandibules...
  • Pai Tomás deve a sua vida às térmitas e é convincente! Bernard tenciona utilizar este sucesso para comercializar, em grande escala, a pasta de térmita e não só..
Répétitions :
  • J'ai rencontré à Bakouma les Zandés, qui eux font la pâte de termites, mais une pâte comme du pâté, simple, une pâte alimentaire, que vous pouvez conserver pendant des années et des années, sans que ça puisse se détériorer.
  • Encontrei em Bakouma, os Zandé (tribu) que fazem pasta de térmita, uma pasta como paté, simples, uma pasta alimentar que se pode conservar durante muitos anos sem se deteriorar.

La répétition d'un mot, souvent utilisée à l'oral par souci de cohésion, est ici maintenue dans la traduction du mot "pâte" mais est par contre supprimée dans le cas de l'expression "des années et des années".
De même, dans l'exemple suivant, la répétition est tantôt éliminée dans les sous-titres, pour des raisons de manque d'espace, tantôt elle est conservée. Il semble que le traducteur ressente le besoin de "coller" le plus possible à l'oral, de faire une traduction la plus littérale possible tant que ceci lui est permis (autrement dit, tant qu'il a de l'espace pour pouvoir le faire).

  • Tout droit, fais attention à l'arbre ici... un peu à droite. C'est bon, c'est bon. Doucement, encore quelques centimètres... C'est bon, c'est bon...
  • En frente ! Cuidado com a árvore aqui... mais à direita. Está bom... Devagar. Mais uns centímetros
    Está bem, está bem...
La synthèse, la suppression des répétitions ou de certains marqueurs du discours sont des procédés fréquents de réduction de texte. L'espace occupé par les sous-titres est ainsi réduit lui aussi, ce qui donne une distribution de sous-titres avec une moyenne de 2 lignes.
Nous devons cependant prendre en compte le rapport espace-temps, pour mieux interpréter ces données, seul rapport pertinent lorsqu'il s'agit d'analyser la qualité de compréhension (ou lisibilité) permise par le sous-titrage.
Ainsi, il convient d'exposer les aspects techniques liés à l'espace et au temps et qui devraient en théorie être respectés [1] :
  • L'espace disponible par sous-titre à l'écran est de 2 lignes de texte, à raison de 37 caractères par ligne. La coupure des sous-titres rend leur lecture plus aisée ainsi que le type de caractère par exemple. La division de la phrase en 2 lignes doit, par ailleurs, respecter sa structure "naturelle" (par exemple, où l'on ne peut séparer le sujet de son verbe s'il suit directement).
  • La mise en place des sous-titres doit se faire dans la partie inférieure de l'écran et doit être centrée. Pour des raisons d'esthétique et dans la mesure du possible, la ligne inférieure sera plus longue que la ligne supérieure (de façon à masquer le moins possible l'image).
  • Le temps disponible pour l'exposition des sous-titres et pour l'intervalle entre l'exposition de 2 sous-titres dépend de plusieurs facteurs tels que la quantité de texte, la vitesse moyenne de lecture de téléspectateur (qui est calculée entre 150 et 180 mots/minute) et l'exposition minimum constante des sous-titres. En théorie, cette exposition est de 6'' maximum, pour un sous-titre de 2 lignes et 3'' pour un sous-titre d'1 ligne (mais le temps minimum de l'exposition est de 1,5''). Finalement, le temps disponible entre l'exposition des sous-titres entre également en ligne de compte et est de 3 frames [2] minimum (pour une lecture claire des sous-titres).
  • Le rythme d'insertion et de retrait des sous-titres doit suivre le rythme des répliques du film, c'est-à-dire qu'ils doivent être insérés au début du discours et retirés à la fin de celui-ci et avant un changement de scène.
Si ces principes sont appliqués au scénario traduit en portugais du documentaire que nous avons choisi, nous constatons (voir annexe 2) :
    • Majeure partie du texte : 2 lignes (en général, plus de 37 caractères -allant jusqu'à 50).
    • Ligne supérieure plus longue ou égale à ligne inférieure.
    • Respect de la structure "naturelle" des répliques ?
    • Temps moyen d'exposition des sous-titres de 2 lignes : 2-5'' (à part lorsqu'il a fallu rétablir la synchronisation -voir répliques 11 et 12 de l'annexe 2).
    • Temps moyen d'exposition des sous-titres de 1 ligne : 1-2''.
    • Rythme des sous-titres en synchronie avec celui des répliques.

Ces précisions sur la restriction d'espace et de temps et ses implications sur la traduction étant faites, passons à présent à un autre type de restriction, plus directement liée au langage utilisé.

 

c)  Restrictions sur le langage
Question du destinataire de la traduction : Maria Auta de Barros, responsable du service de sous-titrage d'une chaîne de TV privée, parle de la nécessité de tenir compte du destinataire et de penser à sa capacité de lecture et de compréhension, lors du travail de traduction par sous-titrage.
Exemples :
      • Titre : "Termites Attack" traduit par "O ataque das térmitas".
Dans la traduction portugaise, nous avons non seulement la présence de déterminants inexistants dans le titre original, mais aussi la perte de la référence à l'anglais du titre en français, sans doute voulue par le réalisateur parce que le film concerne essentiellement le fléau que représentent les termites aux États-Unis.
    • Ah, vous avez raison...
    • Pois, o Sr. tem razão.
Dans ce cas, la différence de traitement de la forme polie est une donnée culturelle. Alors que le français utilise le plus souvent une seule forme linguistique de politesse, le portugais en connaît lui deux, l'une et l'autre étant très courantes. Ainsi, le pronom "você" (qui serait la traduction littérale du "vous") est une forme de politesse cependant moins formelle que "o Sr." (abréviation de "o senhor", "Monsieur"), forme dont on trouve encore la trace en français dans une phrase telle que "Monsieur est servi".
Un peu plus loin, dans un de ses articles, elle ajoute que "le traducteur cherche les expressions idiomatiques, les mots d'argot, les mots familiers, les expressions techniques. Sa transposition en portugais est faite selon le type de personnage de l'original ; malgré les restrictions dans l'usage d'un certain type de langage à la télévision, le traducteur ne peut faire preuve ni d'excès de zèle ni de puritanisme et doit faire une traduction proche de l'original."
Il s'agit donc de " transposer " dans la langue cible, les caractéristiques du personnage de l'original et tenir ainsi compte de la culture de la langue cible, autrement dit du destinataire des sous-titres.
Mais les "restrictions dans l'usage d'un certain type de langage" font référence à la politique de certaines chaînes de TV (privée et publique, cette fois) qui consiste à amoindrir la virulence des gros mots, par exemple. Ceux-ci sont parfois purement et simplement supprimés. Voyons-en un exemple dans notre documentaire :
      • Rien d'étonnant à force de manger n'importe quoi, ils ne peuvent que péter!
      • Não admira nada! Pois de tanto comer seja o que for, só podem emitir gazes!
Par ailleurs, le traducteur ne doit céder ni à "l'excès de zèle" ni au "puritanisme", sous peine d'occulter des aspects importants de la caractérisation des personnages, idée que Rosa Agost (1999, p.18) développe comme suit :
El objetivo final es que los subtítulos aporten al espectador la información necesaria para poder seguir la película sin ninguna dificultad. El traductor de subtítulos también deberá hacer un esfuerzo por reflejar el lenguaje oral en un modo de discurso escrito para ser leído. De otra forma, una traducción excesivamente naturalizada o neutralizada, en donde se prescinda de todos aquellos elementos relacionados com la variedad lingüística en todas sus dimensiones y de las características propias de la lengua hablada, quizá no impida la comprensión general del argumento de la película, pero sí privará al espectador de conocer aspectos importantes de la caracterización de los personajes.
Au-delà de la compréhension d'un scénario, il faut donc considérer la perception plus fine des caractéristiques des personnages. Celles-ci nous sont transmises par une série de canaux, du regard et de l'expression corporelle au non-dit, à la situation et au langage lui-même, ce dernier canal étant ce que nous devons transposer dans la langue/culture cible.
Bien sûr, ces considérations portent beaucoup plus sur la production de fiction (au cinéma ou à la télévision) que sur des programmes télévisés plus "descriptifs" tels que le documentaire. D'ailleurs, le traducteur du documentaire choisi pour cette analyse confirme cette préoccupation de transposer de la façon la plus complète possible les caractéristiques des personnages, mais essentiellement lorsqu'il s'agit de traduction de sous-titres pour film de fiction. Il confirme également qu'il pense au destinataire lorsqu'il doit traduire un gros mot (dans ce cas, il pense au public pour lequel il sous-titre un film et a une posture différente quand il s'agit par exemple d'un film pour un festival de cinéma pour la jeunesse). Cependant, il essaie généralement de s'approcher le plus possible de l'original.
Enfin, pour terminer cette partie avec une réflexion de plus sur l'importance du destinataire, citons une fois encore Maria Auta de Barros, parlant de langage technique :
É certo que o uso de uma linguagem mais técnica pode tornar-se de difícil compreensão para o telespectador comum, no entanto, o tradutor de legendas deve ter sempre em conta quem está a usar essa linguagem. Se o original é um programa sobre astronáutica, embora a linguagem possa não ser acessível à generalidade dos telespectadores, deve usar-se linguagem equivalente na tradução, pois não só se corre o risco de ser alvo das críticas daqueles que estão dentro do assunto, como se torna, certamente, ridículo ouvir um especialista usar a linguagem de um leigo. (Maria Auta de Barros, 1999, p.68)
Il importe de bien définir les objectifs d'une traduction avant de décider si oui ou non il faut simplifier ou expliciter (par des explications internes, par exemple) le contenu du scénario. Dans le cas envisagé ci-dessus (où le discours d'un spécialiste ne pourrait être traduit par des propos que seul un profane en la matière tiendrait), le destinataire du programme ne sera probablement pas le "grand public" mais bien une minorité capable de suivre le déroulement d'une émission scientifique.
Au-delà de l'importance du destinataire, ce qui transparaît ici c'est le rôle très important de celui qui commande la traduction, dont les exigences seront essentielles pour définir les objectifs du travail du traducteur.
Ces dernières réflexions nous mèneront tout naturellement vers le dernier point de cette communication, puisque l'éventuelle nécessité d'adaptation du contenu du scénario ainsi que le rôle du client (celui qui commande la traduction) sont également deux questions centrales lorsque l'on aborde le thème de la vulgarisation scientifique.

 


IV.   La vulgarisation scientifique

La vulgarisation scientifique est en quelque sorte un phénomène de traduction intralinguistique.
Ainsi, de la comparaison entre le texte scientifique et le texte de vulgarisation, il résulte des caractéristiques propres au discours de V.S.
Pour le cas qui nous intéresse, la question se pose alors de savoir comment ces caractéristiques se retrouvent dans la traduction interlinguistique.

 

a)  Discours de la V.S.
Voyons tout d'abord quelques généralités sur le discours de la vulgarisation scientifique (V.S.)
"Le texte de V.S. est toujours situé par rapport à une autre catégorie : le texte scientifique." [3]
Le discours scientifique est quant à lui souvent écrit et utilise un langage spécialisé (jargon) et donc des vocabulaires scientifiques (terminologie).
Dans l'analyse du travail de sous-titrage d'un documentaire de vulgarisation scientifique, il faudra dès lors penser aux diverses phases que parcourt un texte, de son état initial (écrit scientifique) à son état final (texte écrit, traduit à partir d'une transcription d'un texte oral).
On trouve ainsi le schéma suivant :
 
Reformulation
Traduction
 
Texte écrit initial (jargon) >>
   oral de V.S. >>
écrit (traduction par sous-titrage)

Scénario écrit en L1 (langue source)

Le texte initial étant écrit en L1 (langue source), le texte final de traduction par sous-titrage en L2 (langue cible) et l'oral de V.S. représentant ici le documentaire dont le scénario écrit est en général une transcription des dialogues du documentaire, qui servira de texte à traduire en L2.
Bien souvent, la reformulation d'un texte scientifique en texte de V.S. comprend des aspects sociaux mais aussi un travail de type linguistique.
Nous pouvons relever les éléments suivants dans le documentaire choisi pour cette analyse :
De l'écrit scientifique à l'oral de V.S :
  • Analogie avec la guerre, qui permet d'échapper un peu à la rigueur scientifique du thème et de la terminologie utilisée.
  • Création d'une atmosphère de suspense (recherche policière...) par l'utilisation de la musique.
  • Introduction d'éléments extérieurs au thème scientifique, l'illustrant et ne lui retirant pas son sens : animation en début de film
b)  Incidence sur la traduction par sous-titrage
L'impact de la V.S. sur la traduction par sous-titrage nous permet d'élargir la réflexion et de cerner ainsi de façon plus spécifique la traduction d'un documentaire de V.S.
  • D'une part, les caractéristiques du passage de l'oral à l'écrit, déjà décrites (voir III.b), se retrouvent ici.
  • D'autre part, les formes propres à la V.S., présentes dans l'oral de V.S., sont souvent maintenues dans la traduction.
L'on peut dire que le traitement du discours de V.S. est tantôt identique dans les deux langues, tantôt différent

b.1)
 Voyons tout d'abord quelques exemples de procédés de vulgarisation scientifique présents dans le texte initial et maintenu dans la traduction.

Analogie :
  • Pour ce combat contre les envahisseurs invisibles, les industriels ont développé tout un arsenal de poisons. Ils les utilisent dans la guerre des tranchées, la stratégie des appâts ou le gazage à grande échelle. Les propriétaires abandonnent alors le champ de bataille pour 48 heures.
  • Neste combate contra os invasores invisíveis, os industriais desenvolveram um verdadeiro arsenal de venenos. Eles utilizam-nos na guerra das trincheiras, a estratégia das iscas ou o uso do gás em grande escala. Os proprietários deixam então as suas casas durante dois dias.
L' analogie générale avec la guerre, dans le texte initial (voix off du documentaire), se retrouve tout à fait dans la traduction faite pour le sous-titrage. À noter que cette analogie est assez logique si l'on pense que la terminologie scientifique elle-même s'en sert pour désigner les différents types de termites (nous avons ainsi les "termites soldats").
Néanmoins, cette analogie disparaît brusquement (voir segments soulignés), comme si tout à coup, le traducteur craignait d'être incompris par le spectateur.

Redoublement :
  • La souveraine contrôle toute sa cour, sans jamais quitter sa chambre royale, grâce à des signaux chimiques odorants : les phéromones. Ce véritable langage lui permet de communiquer, de réguler les naissances...
  • A soberana controla toda a sua corte sem nunca abandonar o seu quarto real, graças a sinais químicos odoríferos : os fero-hormonas. Esta verdadeira linguagem permite-lhe comunicar, regular os nascimentos...
Nous avons ici affaire à un procédé linguistique très courant en vulgarisation scientifique : les expansions, qui servent principalement d'explications.
Dans le premier cas, nous avons une expansion par cataphore ("signaux chimiques odorants") et dans le second, par anaphore ("ce langage"). Toutes deux se retrouvent telles quelles dans la traduction.

Substitution :
  • Cet homme n'est pas un adepte du pop art, mais un Dr. Honoris Termite auprès de l'ONU.
  • Este homem não é um adepto da arte Pop, mas sim um Dr. Honoris junto da ONU.

La substitution est également un procédé de V.S. fréquemment utilisé. Dans ce cas, le réalisateur fait appel à l'image et au statut social que l'expression "Dr. Honoris Causa" évoque en chacun de nous, en substituant une partie de la structure par une référence aux termites, objet de ce documentaire.
Il est étrange de constater que la traduction portugaise non seulement omet cette substitution mais ne rétablit pas non plus l'expression dans sa forme complète.
Il y a tout lieu de penser que ceci pourrait être une erreur involontaire (du traducteur et/ou du sous-titreur), d'autant que si le spectateur a des références culturelles suffisantes pour comprendre la première partie de l'expression, il en a certainement aussi pour pouvoir comprendre le jeu de mots.

b2) A présent, voyons des exemples de variation de comportements des deux langues (source et cible) par rapport à la vulgarisation scientifique.

Simplification de la terminologie :
  • "asticots" devient "bichos" (=bêtes)
  • "habitat" devient "habitação" (=habitation)
La vulgarisation scientifique implique souvent une simplification de la terminologie utilisée (l'on entend par "simplification" l'utilisation de termes plus courants en langue générale). Dans ces exemples, ce procédé est poussé plus loin en L.2. (donc dans la version sous-titrée).

Terminologie imprécise :
  • À la demande de la municipalité de la N.O., Gregg Henderson est en charge du dossier termites.
  • A pedido das entidades de Nova Orleães, Gregg Henderson tem a seu cargo a pasta "térmitas".
Comme dans l'exemple précédent, il y a ici une volonté d'utiliser un terme plus générique dans la traduction.
  • Les termites soldats sont les plus bruyants, car ils émettent un étrange cri de guerre par les heurts de leurs têtes lorsqu'ils se sentent menacés. Une étrange danse convulsive.
  • As térmitas guerreiras são as mais barulhentas porque emitem um grito de guerra com o bater das cabeças quando se sentem ameaçadas. É uma guerra convulsiva estranha.

Le non-respect de la terminologie scientifique en portugais (alors que celle-ci est correcte en français) est d'autant plus étrange que le traducteur utilise le bon terme, un peu plus loin dans le texte :

  • Os homens devoram alguns soldados como aperitivo mas o apoteose do ritual é a captura da rainha.

Erreurs de terminologie :

  • Les architectes britanniques soucieux des économies d'énergie ont embauché des ingénieurs termites!
  • Os arquitectos britânicos preocupados com as economias de energia empregaram térmitas engenheiros.

L'ordre des mots du terme "ingénieurs termites" est capital pour comprendre que le substantif "termites" est ici adjectivé. En inversant cet ordre, la traduction portugaise en a faussé le sens.

b.3) Dans certains cas cependant, la terminologie scientifique est maintenue, même dans un documentaire de V.S. Ce choix délibéré se retrouve dans les deux langues, dans les exemples suivants :Terminologie spécifique :
Terminologie spécifique :
  • Au début de la saison des pluies, les futurs rois et reines termites essaiment grâce à leurs ailes afin de construire d'autres colonies.
  • No início da estação das chuvas, os futuros reis e rainhas térmitas fazem um enxame com as suas asas a fim de construir novas colónias.
  • termites guérisseurs = térmitas curandeiras
Bien entendu, ces divers procédés de transformation/reformulation d'un texte en un document de vulgarisation scientifique, ainsi que le comportement du traducteur face à eux ne sont ici décrits et exemplifiés que dans une perspective de constat.
L'étape suivante consisterait à interpréter ces constatations et à proposer certaines "marches à suivre" voire à normaliser certains faits.

 


V.   Conclusions
Après une contextualisation du cadre de travail, dans cette étude de cas (production et réalisation du film documentaire ; projection de celui-ci ; service de traduction.), nous sommes passés à une critique de traduction : voir comment les éléments techniques, plus ou moins normalisés au Portugal, sont respectés et ont une influence sur la traduction.
Ainsi, ce type de document mérite une attention/analyse particulière aux différentes phases de sa production.
  • En effet, il s'agit d'abord d'un document audiovisuel, associant ainsi image, son et monologues et/ou dialogues, l'ensemble constituant en quelque sorte le texte.
  • Pour que ce "texte" puisse ensuite être au mieux transposé à l'écrit, nous avons vu que les auteurs utilisent des procédés d'explication/adaptation du texte (titres et sous-titres divisant le scénario original, par exemple). Malgré tout, une grande partie du texte (et non-texte) se perd lors du passage à l'écrit.
  • Quand finalement nous arrivons à la dernière étape, celle de la traduction et du sous-titrage, nous avons vu que ce sont les caractéristiques techniques (mais aussi socio-culturelles) qui limitent encore ce texte.
Par ailleurs, le fait que ce document soit un documentaire peut sembler à première vue l'éloigner de la fiction et peut faire penser que, le discours étant à priori plus objectif et descriptif, il en sera moins transformé (déformé ?) que s'il s'agissait d'un film de fiction.
D'aucuns pensent néanmoins que la composante fictionnelle du documentaire existe (fût-ce par le montage, …) et qu'il est bon qu'il en soit ainsi (pour motiver le spectateur, l'objectif de la vulgarisation scientifique étant d'informer le plus grand nombre de personnes possible).
Cette réflexion nous a ainsi menés au thème de la vulgarisation scientifique et aux transformations du discours qu'elle implique.
Dans l'analyse de ce genre de document, il sera indispensable de tenir compte de tous les procédés de transformation de texte pouvant, ou non, interférer dans les différentes phases du travail de traduction et de sous-titrage. La prise de conscience de ceux-ci permettra alors de procéder à des choix et d'en connaître les implications à divers niveaux, non approfondis ici :
  • client (personne qui "commande" la traduction) ;
  • réception par le public cible ;

et encore

  • rôle et perception du vulgarisateur ;
  • rôle de la V.S. dans la société actuelle ;
  • formation scientifique générale ;
  • formation à la traduction audiovisuelle ;
  • etc.

 


VI.   Bibliographie
  • DÍAZ CINTAS, Jorge (2001) La traducción audiovisual - el subtitulado, Almar, Salamanca.
  • DURO, Miguel (2001) La traducción para el doblaje y la subtitulación, Cátedra, Madrid.
  • PENAFRIA, Manuela (1999) O filme documentário - história, identidade, tecnologia, Cosmos, Lisboa.
  • SANTOS, Isabel Rego (1998) TAV - Terminologia do audiovisual, Universidade Aberta, Lisboa.
  • VIGNEAUX, Georges (1988) Le discours acteur du monde : énonciation, argumentation et cognition, OPHRYS.
  • JACOBI, Daniel, SCHIELE, Bernard et alii (1988) Vulgariser la science - le procès de l'ignorance, Champ Vallon, coll. milieux, Seyssel.
  • JACQUARD, Albert (2001) La science à l'usage des non-scientifiques, Calmann-Lévy.
  • LEÓN, Bienvenido (2001) O Documentário de Divulgação Científica, Cine-Clube de Avanca, Avanca.
  • MARTINET, Alexis (1994) Le cinéma et la science, CNRS Edition, Paris.

 

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Annexe 1 : Scénario "Termites attack"

PARTIE 1 : TERMITES ATTACK

Séquence 1 (enquête Nouvelle Orléans USA) : Termites attack

Titre : Mona Lisa Production / France 2 / La Cinquième CNRS Image/média / IRD présentent

La Nouvelle-Orléans est en alerte permanente contre les termites.
Ils s'attaquent à tout : charpentes, huisseries, poteaux électriques, livres, archives...
Des maisons s'écroulent, l'inquiétude grandit.

Titre : TERMITES ATTACK
Titre : un film écrit et réalisé par Thierry Berrod

Séquence 2 (enquête Nouvelle Orléans USA) : Ennemi n°1 à la Nouvelle Orléans
Les termites xylophages sont considérés comme les plus destructeurs.
Leur progression s'effectue naturellement du sol où ils ont leurs quartiers, jusqu'au plafond.
Le premier étage consommé, les termites lancent l'assaut du second.

  • Gregg Henderson : Oh yeah lot's of damage up here... you can see it going along the side of this... where a door used to sit...
  • Termite offîcer: Well I'm going to go down here to see if I can find any termite trails...
  • Gregg Henderson:Good luck kid.
  • Termite offîcer: Let's see, What. termites can do...
  • Gregg Henderson:Why that looks wet and rotten and full of termites.
  • Termite offîcer: Termites have completely taken over this place.
  • Gregg Henderson :No room for anyone else to live here.
  • Gregg Henderson :Ah ouais ! Il y a beaucoup de dégâts ici ! On peut le voir le long de cette ... (porte) enfin là ou il y avait une porte...
  • Termite officer : Bon, je vais descendre pour voir si je trouve des traces de termites.
  • Gregg Henderson :Bonne chance mon gars.
  • Termite offîcer : Voyons les dégâts...
  • Gregg Henderson :Ça a l'air complètement mouillée, pourri et plein de termites.
  • Ternite officer : Les termites ont totalement envahi la place.
  • Gregg Henderson :Plus personne d'autre, ne peut vivre ici.
À la demande de la municipalité de la N.O., Gregg Henderson est en charge du dossier termites.
  • ITV Gregg Henderson: Termites will attack anyone's home be they wealthy, poor, white or black; they don't care. In Louisiana termites have become an obsession. One termite does no damage, millions of termites though are attacking homes in Louisiana - it's the equivalent of a small dog eating constantly from one home to another.
  • ITV Gregg Henderson : Les termites attaquent les maisons de n'importe qui... qu'ils soient riches, pauvres, blancs ou noirs... ils s'en moquent. En Louisiane, les termites sont devenus une vraie obsession. Un seul termite ne fait pas de dégâts, mais des millions de termites s'attaquent aux maisons en Louisiane ... et c est comme un petit chien, qui grignoterait une maison après l'autre, sans arrêt.
Les vieilles maisons en bois du quartier français sont leur cible nºl. Mais aujourd'hui les termites ont décidé de se faire les dents sur les joints des gratte-ciel....
Ils attaquent même la maison de Dieu!
  • Prêtre : Boy look at the job they did on this Cyprus here...
  • Gregg Henderson : They ate it up didn't they...
  • Prêtre :Went right through it...
  • Prêtre :You know we just had a problem last week where we were checking the clock out in the front and it fell down in the street...
  • Gregg Henderson : Hum... wooden clock?
  • Prêtre : Wooden clock!
  • Gregg Henderson : Might want to change to plastic...
  • Prêtre : Well we're going to have to do something you know 'cos it does no good to pray 'cos the termites come to church every day...
  • Gregg Henderson : Ah.., you're right
  • Prêtre : Regardez ce qu'ils ont fait sur ce Cyprès...
  • Gregg Henderson : les termites l'ont dévoré n'est-ce pas...
  • Prêtre : Ils l'ont traversé...
  • Prêtre : Vous savez, nous avions un problème la semaine dernière, on était en train de vérifier l'horloge à l'extérieur à l'entrée et elle est tombée dans la rue...
  • Gregg Henderson : Horloge en bois ?
  • Prêtre : Horloge en bois !
  • Gregg Henderson : Faudrait peut être en mettre une en plastique...
  • Prêtre : Il va falloir faire quelque chose ; vous savez ça ne sert à rien de prier, les termites viennent à l'église tous les jours...
  • Gregg Henderson : Ah, vous avez raison...

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Annexe 2

 

0:00

1. Nova Orleães está em alerta constante contra as térmitas.
2. Elas atacam tudo: vigas, armações, postes eléctricos, livros, arquivos...
3. As casas esmoronam-se... a preocupação é crescente.

0:33
0:38
0:41-0:43
O Ataque das Térmitas
0:48-0:55
[animation]
 
4. As térmitas xilófagas são consideradas as mais destrutoras.
5. A sua progressão efectua-se a partir do solo onde
6. elas têm os seus quartéis generais, até ao tecto.
7. Destruído o primeiro piso, as térmitas
8. lançam-se ao ataque do segundo.
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1:11-1:14
1:15-1:17
1:18-1:20
1:21-1:25
9. ITV Gregg Henderson: Ena pá! Há muitos estragos aqui!
10. Nota-se ao longo desta... (porta), no sítio da porta...
11. Bem, vou descer para ver se encontro indícios de térmitas.
12. Boa sorte rapaz.
13. Vejamos os estragos...
14. Parece estar completamente molhado,
15. podre e cheio de térmitas...
16. As térmitas invadiram totalmente o local...
17. Já mais ninguém pode viver aqui...

1:26-1:29
1:30-1:36
1:37-1:48 récupération du temps (4)
1:49-1:51
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pause (5) 2:03-2:04
2:05-2:06
pause (5) 2:10-2:12
pause (5) 2:18-2:20

18. A pedido das entidades de Nova Orleães,
19. Gregg Henderson tem a seu cargo a pasta "térmitas".
 
20. As térmitas atacam as casas de todos; quer seja casa de ricos,
21. de pobres, de brancos ou negros...
22. é.lhes indiferente. Na Louisiana, as térmitas
23. tornaram-se uma verdadeira obsessão.
24. Uma térmita só não faz estragos, mas milhares
25. de térmitas atacam as casas na Louisiana
26. e parecem cãezinhos a roer uma casa, depois outra, sem parar.
 
27. As casas velhas de madeira do bairro Francês são o seu alvo nº1.
28. Mas agora, as térmitas decidiram afiar os dentes nas
29. juntas dos arranha-céus. Até a casa de Deus elas atacam!
 
30. Vejam só o que elas fizeram a este cipreste!
31. As térmitas comeram-no, não foi?
32. Elas vazaram-no...
33. Tivemos aqui um problema na semana passada e
34. estávamos a verificar o relógio que está no exterior,
35. à entrada e ele caiu na rua...
36. Um relógio de madeira?
37. Sim, um relógio de madeira!
38. Talvez se deva lá colocar um de plástico...
39. Algo terá que ser feito; e é inútil rezar, pois as
40. térmitas vêm à igreja todos os dias...
41. Pois,
o Sr. tem razão.