Tour d'horizon - Perspectives :
la traduction en 2001 ... et au delà

Jean-Marie Van de WALLE jmv@fit-ift.org
Fédération Internationale des Traducteurs (FIT)

Le monde de la traduction se caractérise par un ciel sombre, présage de temps troubles. Les prévisions des meilleurs spécialistes de la question ne sont guère optimistes. Demain sera un jour plus gris encore qu'aujourd'hui, avec des possibilités d'averses locales et un brouillard généralisé. Pour trouver un ciel plus dégagé, il faut se tourner vers les épigones de mère traduction dont je me bornerai à citer quelques prénoms : médicale, scientifique, juridique, localisation, médias, informatique, ludique.
On l'aura compris, il n'existe plus, depuis quelques années, un marché de la traduction plus ou moins homogène mais des marchés de la traduction qui se déclinent avec plus ou moins de bonheur en fonction des paires de langues. Malheureusement, aucun organe officiel n'établit de statistiques fiables pour notre profession. Pour des raisons bien simples : la désorganisation et la structure particulièrement atomisée des marchés. Dans une perspective strictement économique, on peut déplorer l'absence d'un "Observatoire de la traduction" qui permettrait d'effectuer des comparaisons, de dégager des tendances, voire de planifier les formations. Peut-être pourrait-on alors distinguer clairement les 3 ou 4 segments principaux du marché, à savoir :

a) celui de la traduction dite automatique qui a complètement échappé au contrôle des traducteurs. C'est le domaine réservé des linguistes computationnels (sic !) qui raisonnent en termes de fréquence, de statistique, de remplacement des mots à 1 à 1 selon des algorithmes bien précis imperméables aux valeurs culturelles. On y retrouve pêle-mêle les gros systèmes de transposition automatique comme Systran, les services de traduction gratuits comme Babelfish, les langages contrôlés (resic !), etc. Les traducteurs ont toujours eu beaucoup de mal à considérer ces techniques comme de la traduction au sens noble du terme. Ils se trompent lourdement. Portées par la vague de mondialisation, des milliers d'entreprises se laissent impressionner par les résultats (!) et surtout par les coûts, des millions d'individus peu informés sont persuadés qu'il s'agit de la seule forme de traduction qui existe. Pour ces consommateurs, la traduction devrait être aussi transparente, aussi simple, aussi disponible que l'eau courante ou l'électricité. On l'utilise sans se rendre compte des efforts et investissements sous-jacents. À la décharge des traducteurs, il s'agit en réalité de "non clients" qui, de toute manière, leur auraient échappé.

b) celui du tout-venant, généralement le fait de bricoleurs vaguement bilingues - au moins - qui traduisent un menu pour le restaurant du coin, la publicité d'une PME/PMI aux moyens limités, une déclaration de sinistre auprès d'une compagnie d'assurance étrangère, un CV pour un ami de la famille, le site Web d'un club canin, qui saupoudrent leurs activités traduisantes de quelques cours de langue, de travaux de secrétariat multilingue ou d'accueil de touristes à la fête de l'andouillette. J'y ajouterai aussi, au grand dam de certains collègues, la majeure partie de la médiation linguistique : infirmières bilingues dans les hôpitaux, personnel d'accueil des réfugiés, visiteurs de prisons et autres assistants sociaux. L'utilité de ces services n'est nullement mise en cause, pas plus que la volonté des individus de se rendre utiles à la société. Sans émettre aucun jugement de valeur, je me limite, en ma qualité de représentant d'associations professionnelles, à constater que dans ce milieu, il n'est pas question de déontologie, de qualité, de formation, encore moins de formation permanente, de responsabilités, de normes, de juste rémunération, de droits et obligations, de conditions de travail.

c) la traduction spécialisée. Pour nous, traducteurs libéraux, il s'agit du coeur du marché, et d'un coeur énorme encore bien. C'est sur ce segment que je vais concentrer la majeure partie des paragraphes suivants car il concerne tous les traducteurs professionnels et représente sans doute le volume le plus visible de la traduction.

d) le haut de gamme. Je le cite pour mémoire. Il existe une toute petite frange de super clients prêts à faire appel à des super spécialistes super payés dans des super conditions de travail. Ne soyons pas jaloux de ces collègues qui ont réussi à combiner leur talent linguistique avec la persuasion commerciale. Ils rehaussent le prestige de la profession et nous en profitons tous.


L'interprétation en 2001-2002

Je m'en voudrais de ne pas commencer ce tour d'horizon du passé par un rapide coup d'œil sur l'interprétation. Ainsi, après les attentats du 11 septembre 2001, le nombre de réunions avec interprétation simultanée a chuté de plus de 50% en Amérique du Nord pour certaines combinaisons linguistiques. Les chiffres sont identiques pour l'Asie mais moins significatifs pour l'Europe (-20%). Un an plus tard, l'Europe est repartie de l'avant avec sans doute moins de participants américains aux réunions mais en chiffres absolus on constate un retour à la normale. En revanche, aux États-Unis, beaucoup de collègues interprètes ont encore le moral dans les chaussettes. Le marché public, gros consommateur d'interprètes en Europe n'a guère souffert en 2001. Quel que soit le nombre de participants, les réunions doivent être interprétées dans toutes les langues officielles de l'Union européenne. La prochaine adhésion d'une dizaine de pays et d'autant de langues n'a fait qu'accroître les besoins... et soulever une foule de questions comme le coût de l'interprétation, l'équipement technique des salles, le rôle de langues pivots éventuelles, le recrutement d'interprètes dans des langues de faible diffusion (estonien, slovène, letton, etc.) à partir d'autres langues de faible diffusion (finnois, portugais, néerlandais, grec) ou même plus importantes (combien d'interprètes de conférence letton-français ou espagnol-slovène liront ces lignes ?). Aucune réponse n'a encore été apportée officiellement à ces interrogations. Je soulignerai aussi pour l'interprétation tant en milieu public que privé la diffusion de plus en plus nette de formes anciennes d'interprétation qui bénéficient désormais de conditions techniques plus favorables comme l'interprétation de visioconférences, l'interprétation en double relais, l'interprétation à distance. À elle seule, l'interprétation mériterait un exposé et je m'en tiendrai là.


La traduction en 2001-2002

Sur le marché privé, la tendance à l'externalisation de la traduction s'est poursuivie. De moins en moins d'entreprises conservent un service interne. Seules les plus grandes assurent encore le minimum (documents relatifs à la gestion du personnel, PV de réunions, correspondance quotidienne). Dès qu'il s'agit d'un texte un peu plus élaboré, elles font appel à un spécialiste. Et ce spécialiste devient de plus en plus protéiforme. Outre la traduction, le prestataire de services se doit d'offrir les conseils et la rédaction en amont, la compo multilingue et la mise en forme en aval sous une multitude de formats. La technique, et en particulier l'informatique, devient omniprésente. On ne conçoit plus qu'un traducteur ignore tout de la manipulation des fichiers PDF, de l'extraction de chaînes de caractères dans des fichiers aux formats de plus en plus divers, du langage HTML ou de la programmation de bases de données. Rien de bien neuf dans ce constat pour l'observateur attentif du monde de la traduction mais le traducteur isolé qui a la chance d'enregistrer des commandes régulières de clients tout aussi réguliers ne doit pas se désintéresser pour autant de l'évolution de sa profession. Si jamais il retourne "sur le marché", il constatera que les outils dont il s'est longtemps amusé ont évolué rapidement. Au cours de la dernière année, les mémoires de traduction sont devenues plus conviviales et de nouveaux acteurs ont fait leur apparition sur le marché. Plus puissants - mais techniquement toujours aussi élémentaires (un ensemble de macro-commandes) - ces logiciels sont restés ce qu'ils étaient : des outils d'aide à la traduction et non des traducteurs automatiques. Les problèmes de droits n'ont toujours pas été résolus. Rappelons que la mémoire de traduction appartient au traducteur et non au client ou à l'intermédiaire, conformément à la Convention de Berne qui fait du traducteur un auteur - fut-il dérivé - en droit de faire rémunérer correctement l'exploitation commerciale de ses travaux. Or, les intermédiaires (surtout anglo-saxons) continuent à demander des réductions de prix pour les passages "déjà traduits". Ils en profitent aussi pour imposer leur logiciel au mépris de toute logique technique. Une forme plus pernicieuse encore de cette insulte au travail du traducteur s'est popularisée en 2001 : les satellites des mémoires de traduction. En gros, le traducteur reçoit une version allégée du logiciel qui ne fonctionne que pour un texte particulier, sans possibilité d'adapter sa méthode de travail et d'intégrer ses propres segments. En quelque sorte, le traducteur se limite "à remplacer les blancs". Cette évolution ne suscite curieusement guère de réactions de la part des traducteurs. Rares sont ceux qui, à défaut de se rebeller ouvertement, réfléchissent et remettent en cause ces pratiques pour le moins douteuses. Bien que les traducteurs n'aient pas l'esprit grégaire - il suffit de voir la faiblesse de leurs associations professionnelles - ils se comportent néanmoins comme des moutons et foncent tête baissée dans tous les pièges que leur tendent des commerciaux. Ils oublient que ces pratiques influencent également la qualité de leur travail : de plus en plus, ils doivent jouer un rôle de conseiller lors de la rédaction des textes, les traductions sont parfois meilleures que les originaux (parce que rédigés dans une langue tierce) ou les originaux sont tellement mal rédigés qu'ils exigent un double décryptage, les travaux de révision peu valorisants s'accumulent, les mémoires de traduction reproduisent à l'infini les erreurs, les traducteurs doivent financer les mises à jour de leurs outils sans répercuter ces coûts sur leur production. Fin de cette parenthèse syndicale.

En termes de volume, le volet "traduction" du métier langagier a moins souffert des événements de New York (-15% en local) dans la mesure où le risque physique est moindre. L'Europe, elle, a mieux encaissé le coup. Après quelques jours d'hésitation que je mettrai sur le compte de l'horreur et de la stupéfaction, la progression du marché s'est poursuivie, tout comme en Asie. Car, à l'évidence, le marché mondial de la traduction est en progression constante malgré le ralentissement général de l'économie. Les meilleurs spécialistes de la question estiment que l'Europe va croître en 2003 de 10% pour les plus pessimistes, de 15% pour les plus optimistes. En Amérique du Nord, la reprise devrait être plus modérée (5 à 8%). Elle sera plus nette en Asie et en Océanie (+17%), l'Afrique étant toujours à la traîne comme en de nombreux domaines, malheureusement. Toutefois, il convient d'apporter quelques bémols à cette vague d'optimisme mesuré :

  1. Toutes les langues ne sont pas concernées. Dans les pays industrialisés, la traduction vers le chinois mène la danse, celle vers l'espagnol suit à quelques longueurs, puis celle vers l'allemand et les langues scandinaves. En queue de peloton, le portugais souffre, le grec a été décroché. Le français, l'arabe, le russe, l'italien, le japonais suivent le mouvement général à la hausse sans se faire remarquer. En progression constante : les langues de l'Europe centrale et orientale, celles des pays en voie d'adhésion à l'Union européenne. On peut en effet imaginer le volume de traduction qui attend nos collègues (directives, règlements, jurisprudence, normes, contrats, documents commerciaux et techniques). En Amérique du Sud, crise économique oblige, la traduction ne constitue pas la priorité des entreprises. Dans l'ensemble, on note également des phénomènes ponctuels liés à l'actualité : régularisations de sans-papiers, flux migratoires suite à un conflit armé local, réfugiés économiques, etc.

  2. Deuxième bémol : la langue source est de plus en plus souvent l'anglais. Les autorités européennes financent une kyrielle de formations linguistiques en anglais principalement destinées aux fonctionnaires lettons, polonais, tchèques, etc. qui rejoindront bientôt les rangs de l'Union. Les grandes entreprises s'internationalisent, se mondialisent, fusionnent ou se démantèlent en anglais. On connaît même des monopoles d'état où la langue des notes de service est celle de Shakespeare, ou plutôt un sabir composé de mots anglais assaisonnés à la sauce nationale. Les rares pays qui avaient encore une politique linguistique l'ont définitivement abandonnée. Certains esprits chagrins ne verront dans ces remarques qu'une attaque gratuite. Je me permettrai de signaler l'affaire des brevets européens qui a fait disparaître tout un pan de la traduction technique de base dans certaines langues, le recours à des langues pivots dans la traduction des débats au Parlement européen, l'adoption par la Banque centrale européenne du seul anglais comme langue de travail, le refus d'indexation de pages Internet par certains moteurs de recherche, principalement américains, les négociations d'adhésion des nouveaux Etats membres de l'Union européenne qui se sont déroulées exclusivement en anglais, l'abandon progressif des langues nationales par l'Union européenne malgré tous les démentis officiels (les rapports des experts extérieurs ne sont plus traduits, des sites entiers de directions générales sont unilingues malgré l'obligation d'information dans toutes les langues officielles), etc. Ces décisions ne sont pas sans répercussions sur le marché de la traduction quand on examine les volumes traduits par combinaison linguistique. Certaines langues ont pratiquement disparu du concert international, d'autres n'y accéderont jamais. Il est bon que les jeunes traducteurs s'en rendent compte avant de choisir leur voie.

  3. La banalisation de la traduction. De plus en plus, les financiers prennent le relais. Aujourd'hui, le service des achats commande des traductions comme il gère le mobilier de l'entreprise ou le parc automobile, ou même les matières premières en milieu industriel. La traduction est devenu un produit, prêt à acheter dans un supermarché. Nous savons tous que cette hypothèse est fausse, c'est un service. Mais que font les traducteurs pour compenser ce déficit d'image de leur profession ? Pas grand-chose, il faut bien l'avouer. Certains se défoulent sur quelques listes de diffusion mais la plupart se taisent et se terrent dans leur coin. Fin de la deuxième diatribe syndicale.

  4. Corollaire des bémols précédents : la concentration. Si on peut acheter des produits identiques, commandons "en gros". Ainsi, on voit de plus en plus d'achats groupés de plusieurs institutions européennes. Les appels d'offres en traduction sont devenus des achats de marchandises comme les autres, sans aucune distinction entre les combinaisons linguistiques. Les candidats doivent pouvoir offrir les 11 langues officielles d'aujourd'hui et les 21 langues de demain. Exit par conséquent le spécialiste pointu compétent pour une ou deux langues sources et une langue cible. Bienvenue en revanche aux concentrations, consortiums et autres associations créées pour la circonstance et qui n'ont d'autre objectif que de répondre à des cahiers des charges strictement financiers. On a même vu une "agence de traduction" demander à ses contacts indépendants de participer à la constitution de la garantie financière exigée par le Parlement européen !

  5. Conséquence : une pression sur les prix. Il faut bien récupérer les frais administratifs et commerciaux des intermédiaires de la traduction. Puisque le client ne paie pas plus, c'est le traducteur qui reçoit moins. Dans le système européen précédent, le prix de la page normalisée au niveau des institutions européennes était de 42€. Pour la nouvelle procédure, il est de 42,18€ mais il y a un intermédiaire de plus à rémunérer. Aucun avantage pour les institutions, tous les inconvénients pour les traducteurs. Les grands marchés doivent comprendre que la segmentation des fournisseurs s'effectue selon les combinaisons linguistiques et les spécialités et pas selon le prix et le nombre de langues ou le format d'un fichier.

  6. Autre tendance : la spécialisation mal comprise. La traduction de sites Web est très à la mode. On ne parle que de mondialisation, d'offres dans la langue du client. Je pose simplement la question : une entreprise pharmaceutique, un conseiller financier ou un fabricant d'outils ont-ils intérêt à faire appel à un traducteur qui maîtrise leur domaine d'activité ou à un gourou des balises HTML et du Javascript ? La réponse est évidente. Elle l'est d'autant plus quand on constate que la plupart des sites Internet sont une simple transposition de documents papier alors que les habitudes de lecture sont totalement différentes à l'écran. Les sites qui ont du succès sont ceux spécialement rédigés pour la consultation en ligne.

  7. La mondialisation de la traduction est un leurre. Certes, on a vu se créer au fil du temps des "entreprises de traduction" dans des paradis fiscaux ou des pays à bas salaire. Il faut savoir que de toute manière les clients de ces entreprises n'ont généralement pas les moyens d'effectuer des traductions au niveau local. Il ne s'agit donc pas d'une perte de clientèle pour les traducteurs mais plutôt d'une extension du marché. Un banquier aura toujours intérêt à faire traduire des documents contractuels de l'anglais au suédois à Göteborg ou à Malmö et non en Asie du Sud-Est. Il est vrai toutefois que de jeunes collègues tombent facilement dans le piège commercial et acceptent en Europe des tarifs qui ne couvrent même pas leur loyer. Si les règles économiques interdisent les accords sur les prix, elles interdisent aussi les ventes à perte. Certains traducteurs auraient tout intérêt à se pencher sur leurs coûts de production et à recalculer un point d'équilibre plus réaliste.

  8. Normalisation. Il souffle depuis quelques années un vent de normalisation sur la traduction européenne. DIN, ÖN, Taalmerk, BS, EUATC, UNI et d'autres se sont récemment penchés sur notre profession avec plus ou moins de bonheur, voire de condescendance. Aujourd'hui, c'est au tour du Comité européen de normalisation d'enclencher la vitesse supérieure en proposant une réflexion sur "les services de traduction" à l'échelle européenne. Après la première réunion (janvier 2002) et sans vouloir préjuger de la prochaine (décembre 2002), il m'apparaît que plusieurs questions se posent : l'utilité jamais prouvée d'une norme européenne, la représentativité des organisations autour de la table, la définition des services de traduction moins évidente qu'on le croit, la structure des groupes de travail, la confusion entre les aspects techniques et commerciaux, le malentendu entre norme de qualité et norme de procédure, l'absence des formateurs. L'obstacle le plus important est d'ordre conceptuel. Une norme, on y adhère ou pas. Certains veulent cependant y voir une obligation à respecter mais à quoi bon s'il n'existe pas de gendarmes pour réprimer les excès ? Ne jetons toutefois pas la suspicion sur ces bonnes volontés et laissons leur plutôt une chance de réussir ou à tout le moins de faire avancer le schmilblick

Formation

Il serait malheureux de quitter cette tribune dans une université sans évoquer très brièvement la formation des traducteurs vue sous l'angle des associations professionnelles.
Trois remarques s'imposent :

  1. universités, évitez de multiplier les formations identiques afin de ne pas mettre sur le marché de futurs chômeurs, des "déçus de la traduction" en puissance. Certaines combinaisons linguistiques sont saturées, d'autres n'ont guère d'avenir.
  2. universités, refusez le "3" préconisé par la déclaration de Bologne. On voit déjà aujourd'hui en Italie des entreprises recruter des bac+3 pour des raisons économiques. La traduction est affaire de professionnels et doit le rester.
  3. universités, ne vous lancez pas dans la spécialisation à outrance. Malgré toute la bonne volonté des formateurs, le temps de réaction d'un système est trop long. Donnez en revanche à vos étudiants les méthodes, les outils, les pistes pour se spécialiser plus tard en fonction de leur clientèle. Organisez plutôt avec les associations professionnelles des sessions de formation continue courtes, à la demande. Un séminaire de 4/5 jours sera toujours plus efficace qu'une formation longue, même à distance, pour un traducteur qui doit aussi assurer son quotidien.

Conclusion

Que le lecteur ne se méprenne pas sur le constat ci-dessus. Il ne s'agit que de tendances qu'il faut nuancer. Plus que jamais, les exceptions justifient les règles. Par ailleurs, ces considérations ne visent qu'à secouer le cocotier. C'est à dessein que certaines sont provocantes, voire farfelues. Je suis toujours effaré par l'absence quasi totale de réflexion organisée sur notre profession. Les listes de discussion regorgent de bonnes idées, de suggestions géniales, d'exemples frappants, de solutions inédites mais rien n'est fait pour les coordonner. Puissent des rencontres comme celles-ci apporter leur pierre à l'ouvrage.
Et terminons sur une note optimiste : il existe de bons traducteurs, il existe de bons intermédiaires, il existe de bons logiciels, il existe de bons chefs de projet, il existe de bons réviseurs, il existe de bons contrats, il existe de bons formateurs.
La preuve ? J'ai même rencontré des traducteurs heureux !