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Les quelques informations que nous pouvons fournir brièvement ici sont probablement colorées par notre expérience dans le cadre du DESS qui existe à Lyon 2 depuis plus de dix ans. Appelé d'abord "Traduction et rédaction spécialisées en anglais biomédical et pharmacologique", il est connu maintenant sous le nom de "Communication internationale en sciences de la santé : Traduction, rédaction, documentation" (CI2S). Ce changement d'intitulé est un bon indicateur des modifications intervenues dans ces filières au cours des dernières années à la suite des restructurations importantes dont elles ont fait l'objet. |
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Le travail des "langagiers" dans le domaine biomédical et pharmacologique est caractérisé par une grande diversité des tâches et donc des compétences requises. Il ne peut pas être réduit à la seule traduction et le poids des disciplines inévitablement associées à la traduction, comme la terminologie et la documentation par exemple, ne peuvent plus être vues comme essentiellement ancillaires. La diversité des marchés est considérable et les opérateurs ont des formations et des statuts variés. La formation de ces opérateurs doit donc à son tour être diversifiée et souple tout en maintenant un degré de spécialisation élevé dans les domaines de la santé. Pour rester en phase avec le thème de ces journées, seules les questions relatives à la traduction seront évoquées. |
Les marchés |
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Les documents à traduire sont divers. A côté des articles médicaux et scientifiques classiques et attendus, on notera l'importance des documents concernant la recherche clinique, les dossiers pharmaceutiques en vue de l'obtention d'une autorisation de mise sur le marché, les notices de médicaments, les notices d'utilisation de matériel médico-chirurgical, les documents à visée marketing (les aides de visite) sans oublier les documents vétérinaires. |
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Les exigences des réglementations nationales et internationales conduisent les laboratoires à la mise en place de documents et de dossiers dont le contenu est fortement codifié. |
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On prendra ici comme exemple le cas de documents relatifs aux essais cliniques dans le domaine de la vaccinologie (exemple aimablement fourni par Aventis - Lyon). Tous les documents susceptibles d'être demandés par les autorités de santé d'un pays lors d'un audit doivent être disponibles dans une langue compréhensible par les auditeurs. Il s'agit généralement de l'anglais. Les principaux documents à traduire sont les protocoles d'essais cliniques, les cahiers d'observations, les rapports d'études, les consentements éclairés, les carnets d'autosurveillance et les courriers relatifs aux échanges avec les autorités de santé et les comités d'éthique. Certains documents doivent être soumis pour approbation dans le pays où se réalise l'étude et doivent dans ce cas être soumis dans la langue du pays. C'est principalement le cas pour les protocoles, les consentements et les carnets d'autosurveillance. De plus en plus de pays prennent cependant l'habitude d'accepter la soumission en anglais. Sachant que les sociétés pharmaceutiques écrivent de plus en plus leurs documents directement en anglais, le volume de traduction stricto sensu s'en trouve réduit tandis celui de la relecture fine et de la rédaction augmente. Incidemment, la demande en rédacteurs médicaux est importante. |
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Le traducteur libéral a lui aussi à faire face à la diversité des types de documents qui lui sont proposés : brevets, documents destinés aux patients (type documentation publicitaire, fascicules de "questions/réponses") donc "vulgarisés" ; documents destinés aux "forces de vente" (manuels, stratégies de vente à adopter auprès des médecins) ; protocoles d'essais cliniques ; notices (médicaments, dispositifs médicaux, implants, prothèses) ; manuels d'utilisation d'appareils ou de logiciels ; résumés des caractéristiques du produit. |
Les donneurs d'ordre |
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La diversité est de mise aussi parmi les donneurs d'ordre. On y trouve évidemment les gros demandeurs : laboratoires pharmaceutiques mais aussi les "institutionnels" tels que le CNRS ou l'INSERM. Des donneurs d'ordre plus modestes quant à la taille des lots de documents fournis tels que les chercheurs des structures hospitalo-universitaires se tournent plus facilement vers des traducteurs indépendants ou des structures très légères. |
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Les restructurations dans l'industrie pharmaceutique et la "mondialisation" d'une part, et les préoccupations des gouvernements relativement aux coûts de la santé publique d'autre part ont contribué à la prise de conscience de phénomènes dont les répercussions au plan réglementaire sont considérables. La composante économique, voire juridique, est maintenant très forte dans notre domaine d'application. Nos interlocuteurs ne sont plus exclusivement les donneurs d'ordre évoqués tout à l'heure mais aussi les entreprises de services liées, au niveau international, à la gestion de l'information scientifique et à la maîtrise des politiques de santé (cf. le groupe MAPI à Lyon par exemple). |
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Lorsque le laboratoire pharmaceutique est doté d'un "service traduction" (on reprend ici le cas d'Aventis à Lyon par exemple) les travaux se font en interne et en externe selon les langues demandées et les disponibilités internes puisque très souvent le service a un nombre assez réduit de traducteurs. Le service traduction peut donc être lui-même donneur d'ordre pour les agences de traduction. |
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Le service fonctionne d'ailleurs comme une agence avec ses clients et ses fournisseurs, un tableau de suivi des commandes d'un bout à l'autre de la chaîne, de l'émission à la validation, un système de gestion des documents permettant de tracer l'historique des différentes versions des traductions et de leurs originaux, etc. Une procédure stricte et documentée permet également de respecter l'ensemble des éléments qui constituent cette chaîne. L'assurance qualité tient également une place importante dans le processus de validation qui se fait en collaboration étroite avec le client par gestion des commentaires et des différentes versions des documents. |
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La situation des agences par rapport à la traduction médicale n'est pas stable. Certaines agences ont une spécialisation médicale affirmée et exclusive, d'autres intègrent la médecine et/ou la pharmacie parmi d'autres spécialités. Ces situations diverses ne sont pas sans incidence sur le traitement des travaux. Certaines agences traitent directement avec des laboratoires, d'autres travaillent elles-mêmes pour des intermédiaires. Ces agences n'ont assez souvent qu'un petit nombre de traducteurs salariés, qui sont alors surtout occupés à la relecture. Certains constituent des "binômes" de traducteurs indépendants : un traducteur "externe" relu par un second traducteur "externe". |
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Il peut y avoir, pour le traducteur indépendant, des difficultés liées à la spécificité du monde médical, dans lequel les acteurs ont effectué des études longues et particulièrement sélectives. Pris individuellement (mais la position change lorsqu'on a à faire à des groupes structurés) ils ont alors tendance à surévaluer leur compétence en langue étrangère (l'anglais bien évidemment) et à penser qu'il n'est pas possible de traduire leur travail si on n'a pas la même formation médicale qu'eux. Il appartient donc au traducteur indépendant de faire tomber cet obstacle. Lorsque le cursus du traducteur a tenu compte de cette dimension ce n'est pas impossible et plusieurs diplômés du DESS CI2S en témoignent (je cite l'une d'elle : "Par contre, quand le travail est fait, ils sont souvent ravis (c'est plus rentable au niveau du temps et, donc, de l'argent)"). |
Particularités de la spécialité |
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Le domaine biomédical et pharmacologique est sans doute un de ceux où la diversité des documents à rédiger est la plus grande. A côté de différences, évidentes à chacun, liées à l'hyper-spécialisation des domaines et des sous-domaines, à l'émergence de techniques impliquant des approches transdisciplinaires, à la prise en compte de nouvelles exigences au plan éthique autant que scientifique, on constate une forme de codification issue de volontés politiques au niveau national et international. Cette situation conduit à des formats de documents parfois très "souples", parfois très contraints. |
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C'est ainsi que les exigences des autorités de santé étant de plus en plus strictes, de nombreux paragraphes sont prédéfinis dans les documents originaux. Il convient donc de tenir à jour une base de données de traduction qui permette de traduire une fois pour réutiliser souvent. Pour ce faire, on a évidemment recours aux classiques logiciels de mémoire de traduction couplés à des logiciels de terminologie, ce qui permet d'assurer la cohérence et la qualité des traductions validées et de gagner du temps lors de la réalisation de traductions futures et proches. |
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Mais il n'est pas rare, surtout dans les textes relatifs à la recherche, qu'une certaine souplesse soit laissée aux auteurs. En tout cas dans la limite des préceptes éditoriaux des revues pressenties pour la publication. Dont personne n'ignore qu'ils sont loin d'être homogènes. Le recours aux mémoires de traduction n'est pas vain mais il sera plus chronophage et relève de l'investissement à plus long terme. |
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Dans le même ordre d'idée, il faut évoquer les problèmes terminologiques rencontrés par un traducteur travaillant sur des domaines aussi différents que la biotechnologie cellulaire, la laparoscopie, la pharmacovigilance ou les problèmes éthiques liés aux essais cliniques. La quête d'équivalences validées est parfois particulièrement laborieuse, en particulier à cause des lacunes documentaires en langue française auxquelles le domaine biomédical et pharmacologique n'échappe pas. |
Profil de compétences requis |
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Dans notre domaine d'application aussi on cherche l'oiseau rare. En caricaturant à peine on dira qu'il lui faut être médecin, biologiste, pharmacien, ne pas rechigner devant des textes juridiques et bien rédiger dans sa langue maternelle et en anglais (une ou deux autres langues serait un "plus"). En France, on devrait donc chercher de préférence des candidats anglophones natifs ayant un profil "médical", dotés d'excellentes connaissances linguistiques - notamment rédactionnelles. |
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Si on laisse de côté ces exigences irréalistes compte tenu du marché du travail, on constate que parmi les profils intéressants celui de bons linguistes ayant des connaissances médicales sûres et diversifiées ne peut pas être négligé. Les connaissances médicales peuvent avoir été acquises au cours d'études antérieures et une remise à jour est alors suffisante. C'est le cas d'étudiants en médecine ou en pharmacie ayant abandonné pour se réorienter vers des études de langues. |
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Pour les étudiants linguistes exclusivement, un complément de formation dans le domaine de spécialisation est à acquérir. Par exemple avec le DESS CI2S de Lyon 2. |
Les formations |
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Il existe, dans divers lieux de formation, des cursus incluant parmi plusieurs domaines d'application celui des sciences médicales. |
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Le DESS CI2S de la filière LEA à Lyon 2 se distingue parce qu'il privilégie une formation méthodologique fondée sur le travail en profondeur d'un seul secteur d'activité (secteur biomédical et pharmacologique). La forte spécialisation de ce DESS est couplée à une recherche de la polyvalence des savoir-faire, qui se révèle être un atout considérable pour l'insertion professionnelle des diplômés. |
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L'intitulé utilisé à la création du diplôme (DESS de Traduction et Rédaction Spécialisées en anglais biomédical et pharmacologique) est devenu trop restrictif par rapport au contenu réel de notre formation, qui a du tenir compte de l'évolution du marché professionnel. Il focalisait indûment l'attention sur les activités de traduction alors que les diplômés étaient opérationnels dans plusieurs autres secteurs tels que la documentation et la terminologie par exemple. Pour une meilleure lisibilité et pour mieux rendre compte de la diversité des contenus de la formation il est apparu nécessaire de modifier l'intitulé. |
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A la fin de la formation, les diplômés CI2S doivent être capables de rassembler toute l'information concernant un point particulier du domaine d'application (exploitation des banques de données françaises et étrangères), d'en maîtriser la terminologie en langue étrangère et en français (rédaction de glossaires terminologiques bilingues, éventuellement informatisés), et de traduire des textes spécialisés, y compris dans le domaine de la réglementation internationale des questions de santé. Ils devraient être en mesure de choisir entre un statut de traducteur indépendant et un statut de salarié (postes à large spectre mettant en uvre des compétences plurielles dans le domaine de la communication spécialisée au plan international). |
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